Didier Anzieu - Beckett et le Psychanalyste
À peine Anzieu commence à écrire sur la psychanalyse, déjà mon esprit
Est ailleurs, je pense à la première fois où j'entendis ce mot barbare.
C’était chez mes voisins où je passais la plus grande partie de mon temps.
Elle devait avoir dix sept ans et un jeune professeur de philosophie venait
Lui donner quelques cours à domicile, mais des cours de quoi, je ne savais
Pas trop bien. Je me souviens, ils s’isolaient en général pour parler en
Adultes, seul à seul, loin de moi, je ne sais pourquoi, mais je les avais
Entendus employer ce mot : psychanalyse. Quelque temps après, je
L'entendis pour une seconde fois, c’était au théâtre du Gymnase, dans
Une pièce dont le titre me revient comme si c’était hier : "Le fil rouge",
Avec Curd Jurgens et Nicole Hiss. Il était question de Freud et de l’une
De ses malades, où il était montré qu’en laissant les souvenirs se dérouler
Par la parole, la maladie pouvait s’envoler. Je trouvais ça pas mal, comme
Concept de guérison, j’avais quinze ans, mes parents étaient tout à fait
Normaux sur le plan culturel, c’est à dire le calme plat, niveau zéro.
Déjà, je devais ressentir que du point de vue de la maladie, j’allais
Dérouiller, alors, je me suis pris de passion pour cette chose-là,
Une passion qui ne m’a jamais quittée depuis.
Le livre mode d’emploi. Pas très original comme titre, mais quelle
Importance. Prends un bouquin, n’importe lequel, touche-le, ouvre-le,
Regarde à l’intérieur. À quoi penses-tu, là, maintenant ? N’aie pas peur,
Dis ce qui te passe par la tête, n'importe quoi, on s'en fout, le livre, ça
Peut être pour ça aussi. A l'intérieur, il y a les mots de celui qui a écrit
Et puis ceux qui t’arrivent en direct dans les yeux et passe par ton cerveau.
Si tu ne veux pas lire, ce n’est pas grave, mais sache une chose ;
Les livres c'est pour toi, c’est pour tout le monde.
Tiens prend-le, ne le mange pas, ce n'est pas bon. Si tu veux, mélange-le
Avec de l’eau et de la colle, fais-en une patte à modeler, fais en un objet,
N’importe lequel. Sinon, attends, veux-tu écouter ce qu’il y a à l’intérieur ?
Non, tu préfères aller jouer dehors, bon d’accord, reviens vite, je t'attends.
Qu'entendre d’un livre ? Une voix, au travers des mots qui défilent, dans
Le meilleur des cas, ce peut être entrer à l’intérieur de quelque chose
D’intime, proche de soi. C’est là toute la difficulté à trouver le bon ouvrage,
Le bon auteur, le thème qui va faire que l’on va basculer de l’ennui à la
Curiosité. Mais chacun de nous a ses secrets, ses limites, ses barrières et ses
Difficultés, alors les livres …
J'ai souvent l’impression de lire toujours les mêmes mots. Pourtant, il y a
De grosses différences entre les auteurs et le genre de livre qu'on lit.
Evidemment, c'est la même grammaire avec sujet verbe compléments…
Il y a une sorte de moule consensuel dans la littérature comme d'ailleurs
Dans la majorité des arts, mais là, ce n'est qu'une impression de quelqu'un
Qui frise la mauvaise foi ...
Mais, chez Anzieu c’est différent, il se permet d’écrire. C’est ça, il se
Permet d’écrire comme il respire, comme il vit, tout simplement.
Il y a quelques mois, je vous parlais d’un livre de Moravia : « moi et lui ».
C’était un dialogue de l’auteur avec son propre sexe… Un texte poilant.
Ici, Didier prend Beckett pour entrer dans le trouble du théâtre et trouver
Ainsi avec des mots, quelque chose à pondre, plutôt que de rester dans
Le silence... À vrai dire, il fait comme moi, il se promène.
Un jour, l’idée peut vous prendre de vouloir venir en aide aux autres
Et pourquoi pas en devenant psychanalyste ? Vous y avez pensé quelques
Fois sans jamais oser faire le pas, puis vous tombez sur ce livre où Anzieu
Vous dévoile certaines faces cachées de ce métier. J'ai l'impression qu'il
Arrive trop souvent qu’un transfert négatif vienne gâcher votre plaisir
D'être utile, pour se transformer très rapidement en une relation
Conflictuelle, malsaine avec votre client et frôlant, pourquoi se le cacher,
La médiocrité. Alors, votre velléité de vouloir sauver la terre entière en
Prend un coup, et ce pékin qu’on ne connaît n’y d’Eve ni d’Adam,
Rapidement, va vous jeter à la figure les déjections que personne dans son
Entourage ne veut, et pour cause...
C'est là qu'intervient le contre-transfert. Vous êtes obligé de lui renvoyer
À votre tour, je ne sais quoi exactement, je n'ai pas bien compris, mais
Enfin tout ça, ce n'est pas bon pour le moral des gens fragiles …
Il y a une règle à ne jamais oublier : aimer être dans les choses qu’on aime,
Pas celles qu'il est convenu d'aimer pour je ne sais quelles raisons : il faut
Savoir prendre du plaisir. Le travail psy devrait être ça, aller à la recherche,
Par tous les moyens, de ce qui va provoquer ces temps agréables, ces petits
Riens, ces moments fugaces à prendre sans culpabilités, pour soi.
C’est aller au-devant de son égoïsme propre sans pudeur et ainsi, peut-être,
Encourager d’autres gens à cette façon de vivre...
Mais rien n'est moins sûr, car notre tendance est naturellement portée
Mentalement, physiquement, plus par la souffrance que par la joie.
Nous étudierons plus tard les raisons nous poussant à être ainsi.
Mais pour l’heure, il est à constater combien chacun de nous porte
Sur son dos, ces sacs pleins à craquer de déchets nauséabonds…
Je pense à tous ces artistes qui, après avoir connu la gloire n’ont de cesse
De nous rappeler à eux, même s’ils n’ont plus rien à dire, plus rien à faire,
Sinon à être pathétiques.
Etre artiste n’est pas un métier. L’art n’est pas une marchandise.
J'aime l'idée qu'il s'agit d'un accident de parcours, d'un malentendu.
Nous avons tous tendance à sacraliser les artistes, surtout ceux, arrivés
Au sommet de la pyramide des reconnus. Les autres, tous les autres,
Sont des cons, des fainéants, des vauriens, de futurs SDF...
Ce qui importe, c’est faire des choix, avancer dans la résistance.
L'avantage de vieillir ou d'être malade, c’est de savoir éliminer au fur
Et à mesure l'inutile pour aller à l’essentiel, essayer de sortir des illusions…
J'aime me promener, faire mes courses au Monoprix. Je considére parfois
Ces rayonnages comme si j'étais devant les cimaises des plus beaux musées
Mu monde, et au lieu de voir des objets appartenant au passé, là je suis tout
Bêtement confronté à ceux de notre vie quotidienne. C'est beau aussi.
Le matin, ma pensée virevolte, elle va partout dans tous les sens,
Je ne sais pas poourquoi, ce doit être l’effet des médicaments ... Ce n'est
Pas de la drogue, j’ai une ordonnance du médecin en bonne et due forme,
Renouvelable tous les trois mois et cela depuis plus de dix ans.
Alors, j’y vais carrément de mes égarements, j'en profite, voilà tout.
Ce matin, juste avant mon réveil, j’ai rêvé de tout un stock de chaussures
Qu’en réalité j’ai dans mon placard en attente de tri. Nous parlerons
Plus tard de ma théorie des rêves du matin qui nous poussent souvent à
Nous réveiller, mais là, histoire de vous habituer à penser à vos songes,
La chaussure a pour symbole le fait de passer de la position allongée a
La station debout, associé au rappel cynique de cette tache :
Faire le rangement de mes chaussures, à moins que ce ne soit comme
Pour mes bouquins, une question d'inventaire ?
Impression de vivre avec ça afin de ne pas oublier, mais aussi pour
Entretenir cette mémoire défectueuse m'obligeant à faire en permanence
Le bilan de tout. État des lieux, mise en place des choses pour garder des
Repères, des balises et ne pas tomber. Et puis, cette obsession d’avoir
Toujours sous la main de bons outils pour m'exprimer, évacuer, vider,
Expurger ce qui est à l'intérieur, c'est ça mon job.
Alors, j'ai des câbles partout derrière mon ordinateur, ma télé, je m’encâble.
Il y a des fils électriques, des voyants lumineux allumés tout le temps, c'est
Un feu d’artifice ici la nuit, pourquoi éteindre, me dis-je parfois puisque
C'est déconseillé dans tous les modes d’emploi … Il y a de l’obsessionnel
Là dedans, heureusement j’en suis conscient.
Je suis à la page 180 de ce "Beckett et le Psychanalyste" et j’aurai au moins
Appris une chose ces jours-ci : combien les livres m’ennuient au bout d’un
Certain moment. Pourquoi les écrivains ne font-ils pas plus court ?
Pour dire ce qu’ils ont à dire, la plupart devraient essayer de le faire en
Cinquante pages, pour moi ce serait parfait, mais ça ne ferait aucun débat,
Ni dans les universités ni dans les médias. Pourquoi cette lassitude à l'égard
De la lecture, pourquoi me fatigue-t-elle autant ?
Mais, j’en ai déjà parlé, je me répète, je radote, c'est chouette, je vieilli !
Aujourd’hui, quoi qu’il en soit, j’aurai terminé cette lecture.
Obligation de faire ça en diagonale, je sais, il y a une méthode,
Je n’aime pas les méthodes. Surprise à la page 211, le 11 janvier
De je ne sais quelle année, il dit : « je suis comme Beckett ».
On, ne lui en demandait pas tant. Monsieur Anzieu, alors que je m'ennuie
Depuis belle lurette, vous, à la page 221, le 14 janvier, vous avouez :
"Urgence de mettre fin à ce dialogue factice entre lecteur et auteur...".
… Avant de les faire éditer, relisez vos textes, bordel. Merde, quoi !
Je suis confus, je viens d'apprendre que Didier Anzieu est mort depuis
Quelques années. Je maintiens toutefois ces mots par sympathie pour lui.
Didier Anzieu - Le Moi-peau
Tu es venu vivre chez moi, pas longtemps, trois mois. Ce fut heureux,
Pas toujours, parfois. A la fin, c’était devenu l’enfer, j’avais du mal à
Accepter tes travers. Tu n’étais pourtant pas un porc, une brute,
Non, plutôt gentil dans l’ensemble. Le samedi soir, lorsqu’à la maison il
N’y avait aucune fête, alors, tu sortais pour ne revenir qu’au petit matin.
Je n’étais pas ta mère, pourtant, mon comportement était semblable
À celui qu'elle aurait eu à ma place. J’éprouvais de la crainte, j'avais peur,
Je te sentais malheureux et cela me rendait malade de te savoir dehors,
Je ne sais où, probablement dans quelques trous noirs dans ce Paris fou.
Pour ces sorties, tu portais une deuxième peau, comme si la tienne
Ne te convenait pas, pour aller là-bas quelque part dont je tairais ici
L’endroit. Je n’arrivais pas à fermer l’œil de la nuit. En moi subsistait
Cette inquiétude que je pensais normale, m’apparaissant
Aujourd’hui si douteuse dans le fond.
Le moi peau. C’est quoi ? Faudra lire le livre pour le savoir. J’ai dû
Le faire il y a plus de dix ans, les cinquante premières pages comme
D'habitude, mais je vais le reprendre comme au premier jour. Promis.
Avant, je voudrais vous raconter cette petite anecdote, je ne sais ce qui
M'y fait penser, peu-importe, voilà. J’étais figurant dans mon jeune
Temps, que voulez-vous, faut bien débuter si on veut être artiste…
Place Fürstenberg, un tournage d'une émission de variété à quatre sous
Avec Gilbert Bécaud. Je devais traverser la place décontracté, monter
Sur le trottoir et dire bonjour à des tas de copains, ensuite, je ne me
Souviens plus trop bien quelles étaient les consignes exactement.
J’ai tenu deux années dans ce métier, des fois j'avais même un mot
À dire, mais un jour, je l’ai rencontrée… Je ne dis pas qu’elle m’ait fait
La peau ... Non, ça jamais je ne le dirais, jamais, même sous l’échafaud.
On m’a dit qu’il fallait que je lise un autre livre d'Anzieu : « le corps
De l’œuvre » de 1981. J’ai décidé de ne pas alourdir ma bibliothèque
Pour l'instant avec ce livre, je regarde dans internet et je trouve ce texte :
« 1. Devenir créateur, c’est laisser se produire, au moment opportun d’une crise intérieure (mais ce moment, toujours risqué, ne sera reconnu opportun qu’après coup), une dissociation ou une régression du Moi, partielles, brusques et profondes: c’est l’état de saisissement.
2. La partie du Moi restée consciente (sinon c’est la folie) rapporte de cet état un matériau inconscient, réprimé, ou refoulé, ou même encore jamais mobilisé, sur lequel la pensée préconsciente, jusque-là court-circuitée, reprend ses droits.
3. Celle-ci exerce alors son activité de liaison, mais sur la juridiction du moi idéal, pour transformer en noyau central, organisateur d’une découverte ou d’une création possible, un ou plusieurs de ces processus, d’états ou de produits psychiques primaires jusque-là ignorés ou excentrés. Ce noyau organisateur devient donc un code, au double sens de grille permettant de décoder d’une façon nouvelle certaines données de la réalité extérieure ou intérieure, et de systèmes de termes, d’opérations et d’opérateurs permettant de générer une oeuvre originale.
Ce décodage, cet engendrement requiert un matériau concret auquel ils donnent forme, chaos à soumettre à leur ordre, et aussi cadre d’espace et de temps à l’intérieur duquel ces enchaînements puissent, en se localisant, se déployer. Toute oeuvre à cette phase donne corps à un code.
4. Si le saisissement originel du Moi présente un caractère hallucinatoire, si la transformation d’un représentant mis en code présente un caractère quasi délirant, le corps à corps avec un matériau (sonore, plastique, verbal) s’apparente à la névrotisation. Ce travail de composition de l’oeuvre est une perpétuelle formation de compromis, qui ne peut être menée à bien qu’avec le soutien actif du Surmoi: le style utilise la stratégie propre aux mécanismes de défense inconscients : les remords, les retouches, les variantes, les recours à une documentation, les préoccupations logiques, éthiques, esthétiques, remplissent la même fonction d’élaboration secondaire qui dans le rêve nocturne, fait la toilette du contenu manifeste dès qu’il apparaît à la conscience.
5. Enfin, achevée et publiée, ou jouée ou exposée - si la créateur surmonte ses ultimes inhibitions et sentiments de honte ou de culpabilité - l’oeuvre d’art ou de pensée produit un certain nombre d’effets sur le lecteur, le spectateur, l’auditeur, le visiteur: stimulation de la fantaisie consciente, déclenchement d’un travail de création -la boucle se referme parfois ainsi sur elle-même, comme il a déjà été exposé plus haut. »
Sur l’ensemble de ces textes, je suis d'accord. Pour ce qui me concerne,
Le moment opportun est différent selon le médium choisi pour m'exprimer.
Par exemple, pour l'écriture, la régularité m'est indispensable, écrire tous
Les jours à heures fixes de préférence, trouver le meilleur moment et
S'y tenir. Pour la peinture, j'ai procédé tout autrement, je parle de ma
Propre expérience et ne m'interfère en rien à l'avis d'une autre personne
Qui viendrait à agir autrement. J’attends que le moment vienne où je
N’ai rien d’autre à faire que d'aller devant mon chevalet et de peindre.
Tu dis : « laisser se produire une dissociation, une régression »,
C’est juste, très juste. Tu sais combien il est difficile d’accepter ce
Débordement. Je considère justement comme l’un des grands intérêts
De la psychanalyse est de permettre la réalisation de cet état, sans
Craindre quoi que ce soit. Mais, tous les créateurs n’ont pas fait de
Psychanalyse, à commencer par Dieu.
Bonsoir, je m’égare à nouveau.
Je relève également ces quelques lignes :
« Si je devais résumer la situation des pays occidentaux et peut-être de l’humanité entière en ce XXe siècle finissant, je porterais l’accent sur la nécessité de mettre des limites : à l’expansion démographique, à la course aux armements, aux explosions nucléaires, à l’accélération de l’histoire, à la croissance économique, à une consommation insatiable, à l’écart grandissant entre pays riches et tiers monde, au gigantisme des projets scientifiques comme des entreprises économiques, à l’envahissement de la sphère privée par les moyens de communication de masse, à l’obligation de battre sans cesse les records au prix du surentraînement, du dopage, à l’ambition d’aller toujours plus vite, plus loin, toujours plus cher au prix des encombrements, de la tension nerveuse, des maladies cardio-vasculaires, du déplaisir à vivre. De mettre des limites à la violence exercée sur la nature aussi bien que sur les humains, à la pollution de l’air, de la terre, des eaux, au gaspillage de l’énergie, au besoin de fabriquer tout ce dont on est techniquement capable, fut-ce des monstres mécaniques, architecturaux, biologiques, à l’affranchissement des lois morales, des règles sociales, à l’affirmation absolue des désirs individuels, aux menaces que les avancées technologiques font courir à l’intégrité des corps, à la liberté des esprits, à la reproduction naturelle des humains, à la survie de l’espèce. »
Comme Anzieu, innocent, j’ai péché en faisant des listes de ce
Qu’il faudrait pour que le monde aille mieux, seulement, c’était
Oublier un paramètre du mode de fonctionnement des hommes,
Individuellement, mais également au niveau des sociétés humaines,
Résumé par cette simple phrase :
« Pourquoi voulez-vous que ça s’arrange ? »
S’il ne s’agissait que d'obtenir des solutions aux problèmes,
Petits ou grands, faites confiance à nos intelligences pour les trouver
Seulement ce n’est pas si simple, nous complexifions tout avec un tel
Bonheur, faisant de l’amalgame notre meilleur ami.
… Voyez un peu dans quel bordel, on est !
Mais revenons au livre "Le moi peau".
Difficulté à avancer dans ma lecture, quelques évènements extérieurs
Générant des remous intérieurs, en sont-ils la cause ? Lesquelles ?
Un manque de rigueur quant à concentrer mon attention sur tout.
Perte de temps, remplissage de vide. Tout le monde connaît très bien
Ces procédés : regarder la télé, passer des heures sur l’Internet, sortir,
Ne pas sortir, papillonner dans ses pensées, revisiter ces ressassements
Éculés, avariés, cheminer dans pas grand-chose, dans rien, tout cela
Je ne le connais que trop bien. Curieusement, c’est ainsi, je me ressource,
Ça m'est nécessaire pour retrouver l'énergie créatrice. C’est tout de même
Bizarre que je fonctionne ainsi depuis si longtemps, et bien que je le sache,
Je ne m’en inquiète pas trop …
Il n'en reste pas moins, qu'au bout d’un certain moment, c’est fatigant.
Pour faire le silence en soi, pour accéder au moment propice à
La création, combien d’heures de bruit a-t-il fallu ?
Les oreilles réceptionnent des millions de sons, c’est un besoin,
Une drogue, une fuite en avant comme tous ces
Voyages faits par certains lorsque tout va mal... Mais il faut savoir
Tout arrêter, tout couper, tout mettre en veille et recommencer à
Écouter, à redécouvrir ce silence tellement craint,
Dévastateur pour beaucoup, insupportable pour d’autres.
Ce silence pourtant si nécessaire, si indispensable même.
Il parle de « mythèmes » auxquels je ne comprends rien, mais
Là encore, il fait une liste qui va du premier mythème au
Neuvième. Pourquoi ce besoin de lister ? La réponse je la
Trouve à la dernière ligne du chapitre : « Ce sont les neuf
Fonctions du moi-peau». Ah, bon, fallait le dire plus tôt !
Si j’étais psychanalyste, je m’arrangerais pour tout oublier dans
Le cadre des séances et être le plus neuf, le plus disponible, mais
Cela est-il possible à la vérité ?
Je suis à la page 91 et je vois combien, lui et les autres, nous parlent
Toujours des pathologies attachées aux psychismes des êtres malades,
Comme si la psychanalyse n’était faite que pour eux. Je l’ai déjà dit
Et continuerai de le faire sans relâche, la psychanalyse doit sortir de
Cette image, de cet engrenage démoniaque, de cette association
Inacceptable : Psy = maladie. Non, la psychanalyse s’adresse à tous.
Mais, qu’est-ce donc que la psychanalyse ?
La psychanalyse est avant tout un travail idéal pour qui veut accéder à
La connaissance de soi. Je ne crois pas qu’il y ait un autre moyen (sic).
Elle ouvre des portes, donne de la force, renouvelle les possibles.
Je suis à la page 101 et je commence à m’ennuyer sec.
Pourquoi tartiner ainsi à n'en plus finir, sans se préoccuper de l'autre,
De vous, de moi ? Pourquoi devrions-nous faire des efforts ?
L’effort, dès l’école primaire c’est la règle sinon tu tombes dans
La trappe de l’échec scolaire…
Un gosse de quatorze ans vient d’abattre froidement sa famille :
Il ne supportait plus sa maman… C’est surprenant qu’il n’y ait
Pas plus d’évènements similaires, lorsqu’on sait ce que vivent
Les gosses à la maison. Il est à souhaiter de voir ce passage à l’acte
Isolé, sinon, à la longue, être parents va devenir dangereux.
Ce livre s’adresse-t-il au commun des mortels, à vous, à moi
Ou plutôt à des spécialistes cherchant quelques réponses à des
Problèmes difficiles ? Quel sens y a-t-il à avoir encore ce livre
Chez moi ? Celui-ci et bien d’autres ?
- Les livres, vois-tu, sont des repères. Tu les as choisis à un
Moment donné pour une raison, peu importe laquelle,
Ils sont là comme une mémoire supplémentaire à la tienne.
- Oui, mais ne faut-il pas, de temps en temps, faire le ménage,
Vider la corbeille ?
- Tu peux, mais d’autres ouvrages viendront les remplacer
et nous serons toujours dans l’illusion.