Didier Anzieu
L'auto-analyse de Freud

Dépôt légal – 1ère édition, il y a quarante-cinqans.
Un bail de neuf ans renouvelé cinq fois.
C’est un beau bouquin, agréable au toucher, la couverture est de
Couleur chocolat. Bonsoir de bonsoir, elle me rappelle cette sale
Crise de foie d’hier... Je ne supporte plus d'être malade. Non, merci
Je me débrouillerai tout seul, d'ailleurs elle s’amélioreun peu.
Par téléphone, le médecin m’a conseillé de prendreun médicament
Bizarrement absent de ma réserve personnelle, alors j’ai appeléma
Pharmacienne, Madame Pham, qui me l’a adressé dans les minutes qui
Ont suivi ma demande, par l'intermédiaire de sa charmante cousine.

Cinq cent cinquante pages pour expliquer parfaitement
L’histoire de l’origine de la psychanalyse.
Cette thèse, si ce livre est une thèse, relève-t-elled’un travail universitaire et
Dans ce cas, aujourd’hui, a-t-elle, pour moi, un quelconque intérêt?
Je ne suis pas raciste, mais ces travaux-là, ce n'est pas ma tassede thé.
Si mon objectif est de revisiter la psychanalyse, ai-je envie de le faire
En sa compagnie, pauvre Anzieu, il se retourne dans sa tombe, mais,
Enfin que voulez-vous, le pire n’est-ce pas l’indifférence et ça,on ne
Peux pas dire que je le suis à son égard.

J’essaye d’avancer dans le brouillard de mes sentiments, de prendre
De la distance, du recul face aux choses. De mon point de vue,
Tout au long de notre existence, nous allons chercher à conforterce qui
Est sous-jacent en nous, ces éléments basics de notre personnalité
Avec lesquels nous vivons depuis toujours. Qu’ils soient innés ouacquis,
On s’en fout, on veut surtout des preuves, matérialiser ces preuves,
Trouver des alibis bien solides, justifiant notre être, notre moi,le
Valorisant par tous les moyens, dont « la connaissance », cetteputain
De connaissance qu’il faut avoir, sinon c'est la trappe à merdre…
La trappe du père Ubu.

Je n’ai pas l’intention de lire ce texte de la première àla dernière ligne.
J’irai plus vite, je n'en lirai que les 11 pages suivantes : 50, 100, 150,etc..
Jusqu’à 550. J’essayerai de faire des associations libres comme d’habitude.

Page 50.

« … Ne trouverait-on pas dans tous rêves une problématiqueoedipienne ? »
Ça commence bien, Œdipe et tout son tralala, et comme disait Deleuze:
Encore du papa, de la maman, du pipi, du caca…
« Freud ressent de la gêne à pratiquer un examen médicalsur une femme »
Cela suffit-il à se poser quelques questions intéressantessur cet homme
Nous ayant montré le chemin à suivre, je ne sais pas lequel,mais enfin
Nous voilà dans de beaux draps depuis un bon siècle àcause de lui…
Ensuite, plusieurs démonstrations avec références àl’appui,
J’en ai ras le bol de cette façon de faire, je n’ai aucune envied’entrer
Dans ce trop-plein d’infos, après Sarkozy hier soir à la télé.
Sera-t-il notre prochain Président de la République ?
Il a tout pour plaire à beaucoup avec son côté «rien à foutre, moi je fonce ».
Homme archaïque à souhait, défaut idéal pour fairecarrière en politique,
Tout cela séduit « la masse »… Nous pouvons passer auvote national,
C’est gagné d’avance, j’organise les paris. Soyons raisonnables,il a tout
Pour plaire ce gars-là et d’abord il s’entendra bien avec Bush, cequi n’est
Pas si mal, lorsqu’on sait combien les Américains haïssent tousces sales
Européens qui veulent marcher sur leurs plates bandes ...

Page 100.

Lire deux pages sur cent, permet de faire autre chose de mes journées.
À la télé, Arafat ne voulait pas quitter la Moquata,mais les gens autour
De lui ont beaucoup insisté, alors, il a accepté d’aller àClamart se faire
Soigner et mourir ensuite, ce qui va de soi.
Si j’étais Palestinien, je ne comprendrais pas qu’il nous ait quittésau
Moment le plus important de sa vie : c'est à dire à sa mort.Cet instant si
particulier ne devait-il pas être justement, celui à partageravec les siens ?
Surtout lorsqu’on en a été le chef et la mort son pain quotidien?

… L'actualité n'est pas tout, repassons au livre, page 100.

C’est l'histoire d'un homme,
Il est retourné dans son pays natal rendre visite à la nourrice
De son enfance pour vérifier si elle a eu un comportement de
Séductrice à son égard… Tout ça pour aller mieux,après.
Seulement, pour aller mieux, vérifier, ne sers à rien. Nousaurons l’occasion
D’étudier la question plus sérieusement au moment venu, probablement
Lorsque nous aurons en mains les livres de Freud…
Ah, celui-là, je ne vous dis pas ce qu’il va prendre !

Freud a eu pour ami, un certain Fliess. Ils ont correspondu pas mal et
Ce matin je suis terrifié, car je ne retrouve pas le livre de cette
Correspondance dans ma bibliothèque, je l'avais pourtant.  J'aihorreur
De ne pas retrouver un livre, j'imagine toujours qu'on me l'a piqué...
Je suis parano, je le sais et c'est très douloureux.
C’était une drôle d’amitié. Il était souventquestion entre eux de choses
Sexuelles, de perversions, de périodes de vingt-huit jours concernantles
Femmes et de vingt-trois jours pour les hommes. Freud a introduit
Une notion d'une substance mâle en rapport à cette périodicité
Qui déclencherait le plaisir chez les deux sexes … Je ne comprendsrien.
Pour en savoir plus, il faudrait aller à la page suivante, seulementn'oublions
Pas la contrainte, les règles que nous nous sommes fixées…

À l’avenir, je ne procéderai plus trop de cette façonpour les autres livres
Trop de frustrations. Cependant, ces pages lues représentent àelles seules
Onze parcelles du bouquin de l’auteur. Cette notion de morcellement
Est récurrente dans tous mes travaux artistiques et peut-êtremême dans
Ma vie tout court.

Page 150.

Que devons-nous faire de toutes ces saloperies auxquelles nous sommes
Confrontés en permanence par l'intermédiaire du cinéma,de la télé, des
Journaux, des livres, etc… ? Ce matin, en me levant, j’avais envie de
Casser du sucre sur ces gens, bouffant notre temps libre avec notre
Consentement et faisant de nous leurs complices avérés. J'avaisenvie
De faire le point sur la déontologie, l’éthique, en général.
Cette question me fait penser que nous sommes en guerre…
Oui, en guerre, ne nous y trompons pas !
En guerre vous dis-je et donc en vie, ce qui va de soi.

Je dis là des choses bien gentilles, mais beaucoup d'entre vous ne
Saisissent pas le fond de ma pensée, il est vrai, je m’égareparfois,
Trop souvent, j’oublie de rester clair.
On se souvient, il y a peu, j’avais parlé de ce vilain petit animalinstallé
Confortablement en nous en permanence et que j'avais dénomméle
Petit lapin, une sorte de diable provocateur, double cherchant toujours
À déstabiliser notre vie et tous les efforts que nous mettonspour une
Meilleure relation avec le monde extérieur. C’est un terroriste,et là
Ce n'est pas un mot pris au hasard, qui a besoin de s’exprimer pour
Ne pas être dans le refoulement, mais il lui faut un gendarme ferme 
Ne le laissant pas le libre dans ses débordements, ses voies sans
Issues et dont nous avons tout à craindre…
Nous n’aurons de cesse de revenir sur cette particularité humainepour 
Mieux cerner, comprendre le bordel du fonctionnement de nos neurones :
Les nôtres et ceux des autres. Suis-je arrivé à me fairecomprendre ?
Je ne sais pas, toutefois, une question reste en suspens :
Ce petit lapin est-il le lieu de toutes nos jouissances ?

Page 200

Penser à acheter la correspondance Freud/Fliess à la Fnacou ailleurs.

De cette amitié, de l’amitié en général qu’endire ?
Il y a tout d'abord la rencontre de deux êtres avec les points communs
Qu'ils partagent pendant un certain temps, puis il y a inexorablement,
La rupture, la séparation.
Fliess travaillait sur la bisexualité, dont je ne comprends pas tropla teneur.
Freud s’y est intéressé, mais pas longtemps. Rapidement, ilretourne à
Ses propres travaux, car lorsqu'on est engagé comme il l'a étédans une
Direction, dans un type de recherche, cela implique une concentration
Sur soi pour avancer et si l’on a besoin des autres,  c’est plus comme
Matériaux alimentant notre potentialité à créer.Nous les « utilisons »,
Un point c'est tout, et ça, Freud, il savait faire !

. C’est pas bien, Monsieur Art-psy, de faire comme ça avec les copains,
C’est trouble vos histoires ! Que sont donc devenues et votre générosité
Et votre ouverture sur les autres dont vous nous rabattez les oreilles ?
. Oh, ne me cassez pas les pieds, vous ce matin, je dois aller faire mes
Courses, j’ai plus rien dans mon frigo.

Page 250

Conflit sérieux entre Freud et Fliess au sujet d’un livre de ce derniersur
Les relations qu'il peut y avoir entre le nez et les organes sexuels féminins.
Sinon, Anzieu fait un rêve, le décrit,
Essaye de l’analyser et le qualifie d’absurde.

Page 300

Page blanche. Rien à dire. Passons.

Page 350

Freud parle de Zola et du livre "L’œuvre". Il relate l’histoire d’un
Peintre impuissant qui finit par faire l’amour à sa femme et
Se pend après. Je trouve ça ridicule d’agir de cette façon:
Lorsqu’on est impuissant, il faut éviter de faire des efforts,
C’est trop dangereux… La preuve !

Il est midi, tu es dans une brasserie,  des gens sont attablés
Par deux comme des couples et toi tu es seul pour l’instant, tu
Attends quelqu'un et ton esprit gamberge, tu penses au sexe et àla
Psychanalyse. Tu te dis, c’est bien le sexe, ça rapproche les êtres
Humains. Avis basic, certes, mais si l’on veut révolutionner
La psychanalyse, il est capital de tout reprendre  à zéro.
Entre ce que sont les relations humaines « ordinaires » et cellesdont
Le sexe a mis son grain de sel, franchement y a pas photo, c’est pas pareil.

Terrible impression. Je grille le temps matinal comme on grille un mégot.
Il m’est trop agréable à vivre, ce temps-là. Il estincontestablement le
Meilleur de la journée. Besoin de le remplir, de l’occuper àfaire
Des tas de choses, peu importe quoi. Je pourrai condenser, trier les taches,
Mais rien n'y fait, je le perds délibérément avec consentementà défaut de
Contentement. De cela, je suis au courant, je sais pertinemment qu’il me
Faut ça pour recharger, récupérer de l’énergie,celle qui fait que
Je peux maintenant m’asseoir et écrire.
Pour la peinture, c’est pire encore. Il me faut attendre le moment limite
Où l’angoisse du vide va prendre le dessus, je sais reconnaîtrecet état-là,
Alors, lorsqu'il survient,  j’y vais. Devant le chevalet, la main saittrès bien
Ce qu'elle doit faire avec les pinceaux, les tubes de couleur,
Et puis le reste suit, c'est facile …

Pour faire une toile combien d’heures faut-il ? Plusieurs jours, plusieurs
Semaines d’incubation pour deux heures passées devant son chevaletà
Peindre une œuvre capitale pour l’humanité ou une croûte donttout le
Monde s'en fout comme de sa première chemise.
 
Page 400

Ici, il est question de calcul, de mathématique et puis aussi dedates
Liées aux trois mariages du père à Freud. Il confond1851 et 1855.
Tout cela n’est pas surprenant et nous rappelle une évidence concernant
Les rêves : la notion de temps n’existe pas. Pour étayer cetteaffirmation,
Voici un exemple expérimenté par chacun de nous tous : vous vous
Trouvez à l'intérieur de l’appartement de votre enfance avecun ami
N'ayant aucun rapport direct avec ce lieu par ailleurs. Seulement, pour
Des raisons que nous étudierons plus  tard, vous les avez rassembléslà
Pour faire sens quelque part … Ne perdons pas de vue que la mémoire
N'est rien d'autre qu'une partie d'un contenant (le cerveau) où toutest
Mélangé, très organisé, certes, mais ce n'estque quelques centimètres
Cubes de matière gélatineuse et peu ragoûtante.

Page 450

Alors celle-là de phrase elle est pas mal :
« Par la suite, la nature féminine de Freud ne cherchera plus
D'attachement masculin aussi intense, mais se tournera vers
Les femmes intellectuelles brillantes et possédant quelques
Traits virils de personnalité. » On apprend donc qu'il compense
La déception due à la rupture d'avec son ami et s'accrocheà des
Femmes… Lui et Fliess, c’était une histoire folle...
Pas une histoire de folles. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.

Anzieu nous fait entrer dans la vie de Freud, mais ai-je envie de
Poursuivre pour autant ma lecture et passer à la page suivante ?
Pas vraiment et la raison je la connais, je préfère joueravec
Freud à partir de ses propres livres et non au travers d’un filtre
Aussi parfait soit-il.
Qu’on se le dise !

Page 500

Ionesco se plaignait, il y a longtemps, de voir combien de
Littérateurs faisaient de la littérature sur la littérature…
Pour ce qui concerne notre ami Anzieu, je crains fort qu'il
Fasse de la psychanalyse à partir de la psychanalyse !
Je le devine volontiers me rétorquer : que fais-tu, toi-même?
Je lui répondrai alors : mon cher ami, moi, j’utilise les livres
Pour éviter de papillonner dans tous les sens, ainsi j’ai mon sujet:
La psychanalyse… À moins que ce soit autre chose, mais quoi ?

Page 550

Index des noms propres.
Conclusion : C'était bien Didier Anzieu.


Daniel Widlöcher
Les nouvelles cartes de la Psychanalyse

La décision est prise, Arafat sera enterré à la Moquata.
On sait maintenant où on va, c’est déjà une chose.
Les médias posent la question de savoir s’il symbolise
Le terrorisme ou la paix ? Grande question à laquelle
Je préfère ne pas réfléchir, mais sur le symbolique
Permettez que je m’installe un peu.
Que symbolise Arafat pour vous, pour moi ?
Sachez, vous qui me lisez et voulez tout savoir sur l’âme
Humaine, sachez que cette symbolisation est installée dans
Nos mémoires et le restera jusqu’à la fin de nos existences.
L’image d’Arafat est mise en stand-by dans nos têtes de macaques
Jusqu’au moment où nous en aurons besoin pour lui faire jouer
Un rôle dans un de nos rêves, dans un de vos films. Est-ce clair?
Non, je n’ai pas l’impression de m’être fait bien comprendre.
Alors, tans pis pour vous, développons.

Dans quel cas ce personnage va-t-il intervenir dans un scénario
Nocturne ou éveillé ? Soyons pragmatique, prenons un exemple:
    Arafat = un foulard palestinien.
Ceci est un module et des modules comme celui-là nous en avons
Des milliers dans le cerveau.
Ben oui, c’est comme ça, on ne discute pas,
Sinon on est encore là jusqu'à demain matin…
Un module dormant.
Un jour, vous marchez dans la rue et ce foulard vous apparaît,
Mais votre attention ne s’y est pas trop attardée, vous ne l'a pasintégré
En tant que vous avez ressenti quelque chose de particulier à savue.
Seulement, cette « impression » va rester dans votre mémoire
Comme en attende de règlement, en attente de résolution.
La nuit, tout se réveille, c'est le moment propice pour la réparation.
Vous ne verrez pas le foulard, le rêve est trop sournoi, trop ludique
Aussi, non, ce que vous verrez dans votre film, c'est Arafat lui même.

Nous allons donc retenir cela, car c'est très important pour comprendre
La suite : si je rêve de Simone, ce n’est pas de Simone qu’il seraquestion
Mais de ce qui lui est attaché dans un de ces modules internes propreà
Chacun de nous.
Nous verrons en quoi savoir cela peut avoir de l’intérêt pour
Analyser les rêves le moment venu, mais pour l’instant la question
Qui me taraude est : pourquoi ai-je acheté ce livre de Widlöcher?

Je suis partagé entre parler du livre ou faire autrement.
J’ai imaginé que pendant cette lecture, je me laisserai aller à
Donner à la plume tout le pouvoir de faire ce que bon lui semblera.

L’actualité.
a) Arafat est mort cette nuit. Que va-t-il se passer maintenant ?
b) Les Français vivant en Côte d’Ivoire reviennent en masseen
    France. Que penser ?

… Ne nous éparpillons pas, restons impérativement sur notrethème :
La psychanalyse.

Avant d’apprendre sa mort, ce matin au réveil,
J'ai imaginé ce dialogue entre lui et moi :

Moi : Combien de fois ne t’ai-je dit de prendre ta retraite
          Pour profiter dela vie ? Même vieux, la vie c’est super.
          Je t’ai conseilléd’acheter ou de louer une belle maison,
          Avec Sharon, surla côte d’azur, y en a de biens jolies là-bas
          Et à vousdeux, vous auriez pu vous organiser pour le ménage,
          La cuisine, le jardin.
          Tu crois que c’estbien de rester dans la misère, alors
          Que t’as assez d’argentpour te soigner et te reposer un peu ?

Lui : Tu m’imagines quitter mon peuple pour aller me dorer
         La pilule en France ? Allons,sois sérieux s'il te plaît.
         Je suis condamnéà vivre et mourir ici, avec les miens.

Moi : Bien sûr, je le comprends et probablement à ta place,en
         Aurais-je fait tout autant,mais j’aurai eu tord, car, je sais
         Trop combien il faut toutrelativiser. Après avoir pendant
         Un temps agit dans unedirection, quelque soit le domaine,  
         Il faut  savoir passerd'une rive à une autre, pour d’autres
         Taches, d’autres objectifs…C’est ça la force d’un homme,
         Vois-tu, ce n’est pas defaire du sur place. Savoir accepter avec
         Bonheur les ruptures pourdécouvrir d’autres talents
         En soi cachés ettoujours à découvrir.

Lui : Tu es un philosophe, pas un homme politique !

Moi : Certes, tu as raison. N'est-il pas temps pour toi d'envisager
          Une psychanalyse?

Lui : … ??

Moi : … ??

Si certains se sont longtemps couchés de bonne heure,
Pour voir leurs mères venir les border, d'autres, les universitaires
Des États-Unis, par exemple, se sont posé la question :
Art-psy a-t-il lu Widlöcher ? Laissons ces jeunes à leurs études
Et revenons à des choses plus sérieuses.

Quelles questions dois-je me poser aujourd’hui ?
Il y a celles qu’on pourrait nommer collectives, médiatiques…
Et puis, il y en a d'autres, mais comme il est difficile de faire
Le tri… Comment organiser tous ces éléments si complexes
Parce que si nombreux justement. Ils se bousculent au portillon,
Il faudrait faire silence autour de soi, mais est-ce possible ?
Dormir, dormir peut-être ?

Combien d’entres nous ont du mal à dormir justement et pourquoi?
Est-ce la peur de ce silence-là, laissant la porte ouverte ànos
Propres bruits chaotiques ? Et puis, à l'inverse, le refuge dansce
Même sommeil, à quoi correspond-il ?

Nous sommes envahis de trop d’informations.
Nous prenons peu de temps pour nous ressourcer.
Nous évitons de nous arrêter, de prendre des "vacances".
Nous sommes en permanence en attente comme Godot.
Si Godot attend la mort en vivant, nous, qu’attendons-nous
Pour faire notre inventaire avant notre mort, et, même si elle
Doit survenir dans plusieurs décades, de ce travail, n'en
Restera-t-il pas toujours du bon, de la joie ?
Nous revoilà parti pour un délire-total, mais taisons-nous,
Aujourd'hui, onze novembre, l’intermarché est fermé,
Ça tombe bien, le frigo est plein.