Gilles est revenu à la charge tout à l’heure concernant les maladies dont
Souffrait notre protégé. Il trouve important de faire état de cette liste,
Qu’il envisage de nous soumettre à la lecture, car, dit-il, cela peut
Encourager d’autres personnes malades comme lui, à s’investir ailleurs
Que dans leur mal. Devant un tel argument humanitaire, nous n’avons
Pu le contrarier ou le démobiliser et lui avons promis de revoir la question
Lors d'une prochaine réunion. 

Devant la masse de documents retrouvés, la tache n’est pas facile de faire
Le choix des textes et des informations à transmettre le concernant. Nous
Sommes tiraillés d’un côté par le devoir de mémoire et de l’autre, par la
Volonté de ne pas trop vous lasser avec certains écritsanciens ne relevant
Pas toujours d’un intérêt capital. Toutefois, nous nous autorisons ces
Quelques paragraphes corrigés plus tard par lui-même.

1) "  À trois minutes du métro Arcueil Cachan, j’avais acquis deux studios,
L’un  pour ma mère et ma sœur et l’autre pour moi. C’était après la rupture
D’avec ma femme. Ces deux studios, je les avais acquis dans des conditions
Financières particulièrement avantageuses, qu’ici, il est de mon devoir de
Vous raconter… J’avais, à l’époque un métier, unvrai, je n’étais pas encore
Un "Artiste" . J’avais en poche une carte professionnelle d’agent immobilier
Et dans ce cadre-là, un jour, j’avais à vendre une grande bâtisse aménagée
En bureaux, par une charmante dame, pour l’exploitation de ses diverses
Sociétés. Mais, un matin, fatiguée, elle décida de mettre fin à ses affaires,
Suite au décès de son mari dont elle avait tout hérité, même les soucis,
La pauvre. Elle passa donc plusieurs annonces pour vendre cet immeuble
Et c’est ainsi que nous fîmes connaissance. Ce n’était pas elle qui me reçut
Le premier jour pour la visite de lieux, mais son associé, un homme d’une
Cinquantaine d’années. Tout de suite, j’eu un réel coupde foudre pour
Cette affaire et je me voyais très bien jouer les intermédiaires pour négocier
Ce gros pavillon de banlieue, auquel s’était annexé au fil du temps,
D’autres appendices en béton, le tout formant quelque chose qui sortait de
L’ordinaire, et ça, c'était ma passion…
C’était aussi tellement grand, une sorte de labyrinthe interminable, avec
Des espaces plus ou moins aménagés en bureaux et dont la surface totale
Devait avoisiner les mille mètres carrés et tout ça à dix minutes de Paris.
J’avais un don caché, révélé plusieurs années après cette aventure et que
J’ai pu exploiter pour mon propre compte. Je vous raconterai ça un jour.
Là donc, je compris qu’il fallait créer une copropriétépour commercialiser
Ce magnifique endroit et non vouloir trouver un seul et unique acquéreur
Pour le tout. Lorsque le projet en moi, était devenu plus concret, alors je
Demandais un rendez-vous à la dame propriétaire des lieux, la veuve.
Nous nous rencontrâmes au restaurant la Coupole à Montparnasse.
Cela peut paraître curieux, mais c’était mon premier repas d’affaires, n
N'ayant jamais voulu mélanger la bouffe et le travail... Alorspourquoi
Cette fois-ci avais-je dérogé à la règle ? Qu’avais-je derrière la tête ?
C’était l’époque où j’avais quitté mon domicile conjugal et donc ma
Femme, et il me fallait trouver urgemment… un autre logement.

Avant d'aller à ce rendez-vous, pas bête, j’avais regardédans mon
Portefeuille à l'agence s'il y avait quelques clients potentiels pouvant être
Intéressés de vivre en communauté, un peu baba cool des annéees 68,
Eventuellement acheteurs de lots que j’avais soigneusement imaginés et
Tout cela teès En dessous du prix marché en vigueur àl’époque.
Avec ce dossier béton, je me trouvais ce soir-là, face àface avec cette
Très jolie femme et nous avons pu discuter tout en mangeant.
Je lui fis une confidence ou plutôt non une demande. Je lui proposais de
Réduire la commission de l’agence si en contrepartie, elle me vendait un
Des lots moins cher, c'est à dire presque rien… Dans le cas, bien
Évidemment, où nous arriverions à réaliser l’ensemble du projet.
Elle me trouva sympa, peut-être avait-elle une idée derrière la tête à
Mon endroit, mais moi j’étais froid, béton comme l’immeuble, j’avais
D’autres objectifs ce soir-là. 
Elle accepta ma proposition et l’affaire se réalisa. "

2) " La mauvaise santé, les souffrances physiques permanentes,
La fatigue et la déprime qui en résulte, avaient eu pour conséquence
Que le travail devenait de plus en plus difficile à assumer....
Mon temps, s'organisait de la manière suivante :
Le matin je restais au lit jusqu'à midi et l'après-midije la passais au bureau.
Le soir, il y avait le repas, seul ou entre amis... après une sieste, je me
Sentais en pleine forme et passais la soirée dans des boîtes à Paris,
Avec le désir de vouloir récupérer le temps perdu... "

3) " En 1992, lors d'un voyage en Norvège, j'ai rapporté des calices
D'eucalyptus et diverses fleurs séchées, utilisés par les norvégiens pour
Enrichir leurs magnifiques bouquets, auquel ils ajoutent presque toujours,
Un morceau de sucre au bout d'une tige métallique, pourquoi je ne sais pas.
Cela m'avait marqué et lorsque je suis revenu chez moi, àArcueil Cachan,
J'ai fait comme eux, mais j'avais peint l’un d'entres eux…
J'ai alors conçu l'idée que l'on pouvait peindre des morceaux de sucre. "

Comment un adulte, honnête, gentil et courtois, pouvait-il en arriver là ?
Entrer chez lui et se mettre à coller des morceaux de sucre, en se disant
Que quelque chose allait en sortir, mais quoi, ça il ne le savait pas,
Pas encore... Il aurait pu continuer comme cela toute sa vie, mais ilne
Voulait pas devenir "un artiste spécialisé dans le sucre", d'autant, qu'il
S'était aperçu qu’il souffrait d'une allergie due àla colle...
Comme quoi certains dons peuvent être contrariés par presque rien.
Ces sucres, ces œuvres d’art, avaient-ils quelque chose d’autobiographique ?
Nous avons trouvé, par exemple, deux morceaux accidentés à l’assemblage,
Gardés ainsi puis peint en l’état. Était-ce pourlui, un moyen d'exprimer
Là, toute la fragilité de son propre corps malade ? Mais curieusement,
Paradoxalement, il y avait aussi des constructions tenant la route,
Bien droites, stables et avaient pour fonction de le rassurer un peu. 

4) " Sur la toile, les couleurs sont vivent, elles sont là comme pour
Dire la violence du dedans de ce corps et lorsque c'en est trop, alors,
Il faut voir un médecin, faire plus de soins le soir avant d'aller se
Coucher, parfois les douleurs se calment, mais pas toujours, et puis,
Ce sang, toujours lui, bouffant toute l'énergie pour "être" un peu …
Ainsi va la vie quotidienne de ceux qui ont des maladies pendant les
Crises. Compte tenu de cette situation, je ne dois pas me disperser,
Perdre mon temps, il m'est trop précieux. Il me faut faire en permanence
Des choix et agir sur les choses de la vie autrement, plus précisément.
J'ai acquis l'habitude de ne pas me laisser aller, d’assumer mes responsabilités
Vis-à-vis des gens, amis, famille, relations qui gravitent
Autour de moi. Quant à eux, ils m'apportent ce qu'ils peuvent
Et parfois me pompent l'air au maximum. "
 
Un jour, il eut l’idée de créer un outil permettant àtous de devenir artistes.
C'était déjà son obsession à ce moment-làet plus tard lorsqu'il écrivit sur
La psychanalyse, n'a-t-il pas considéré le rêve comme une œuvre d'art ?
En insistant sur le fait que nous rêvions tous, sans exception et donc…
Dans des boîtes en carton il avait mis des morceaux de bois, deplatre,
De terre cuite et dont la forme était toujours la même :celle d’un morceau
De sucre "carré", accompagné d'un tube de colle. Au concours Lépine,
Il présenta cette grande découverte qui allait  changer la face du monde, 
C’était en 1989, il eut le prix d’honneur.  Il alla chercher partout des
Artisans pour la fabrication de ces morceaux. Sur le plan commercial,
Ce fut un échec cuisant, probablement aurait-il fallu investirplus de
Temps et d’argent à cette affaire, mais il n’en reste pas moins que les
Enfants ont tout de suite l'importance de ce nouveau truc permettant
De découvrir qui on était en vrai, lui, jouant le psy de service… Ils ont
Beaucoup aimé son " sucre et la colle ". Des centaines d'œuvres ont
Été construites par ces gosses, toujours magnifique et très souvent
Accompagnées de commentaires fort intéressants.

5) " Les enfants étaient entrés dans l'atelier alors que le tableau en cours
N'était pas terminé. Ils ont dit : - C'est super, c'estcomme des fusées, c'est génial...
Je leur ai dit que la toile n’était pas finie et eux ont tous criés en
Chœur : - Ah non Monsieur, c'est bien comme ça.
Alors, sans hésiter, j'ai écouté leur conseil. "

6)  "Ainsi, il pourrait y aller à quatre heures de l’après-midi, après la sieste,
Quand elle le saura pour l’avoir reçu de lui, sans même qu’elle bronchât à
La nouvelle, débordant d’une réaction émotionnelle sans limites, se disant
Qu’elle n’en aurait probablement plus l’occasion maintenant et qu’il fallait,
Oui, qu’il fallait faire le pas aujourd’hui, alors que dans la ville,
La pluie n’avait rien donné depuis plusieurs semaines déjà.
Ainsi, sur du papier de fournaise, il étalait quelques mots-bruns rassemblés
Les uns aux autres inéluctablement, hasardeusement pour un plaisir
Vague, cacophonique, après un sommeil profond de quinze heures.
Il n’avait pas encore pris sa douche. La femme de ménage àla
Terrasse du jardin, triait le linge sec, et les enfants de Jeanne
Jouaient allégrement, au bord de la piscine du père François...
Si cela avait une quelconque importance pour lui, alors, il s’y serait
Rendu, habillé d’un chandail de coton bleu et d’une culotte ensoie
De couleur jaune, juste à la tombée du jour, au moment oùtout
Bascule, tout entre dans l’ordre avec le sentiment qu’en écoutant la
Parole des hommes, les secrets sortiraient d’eux-mêmes. Seulement,
Francesca n’avait jamais soif, sauf parfois la nuit avant d’aller se coucher.
Nous allions souvent chez Harris, rue Daunou, tu aimais boire de la
Bière par pintes entières et tu disais du bien de la peinture en général,
Celle des siècles passés et à venir et puis tu délirais. Ces tableaux se
Donnent, disais-tu, s’offrent à nous, tu délirais, c’était fou, je me
Souviens encore de l’un de tes vers préférés :
    Le thé sucré c'est bon pour la santé,
    Bon comme "les bonnes" de Genet. "

7) " Le plombier arriva avec une bonne heure de retard. Au sous-sol,
On l’attendait comme des cons, devant la chaudière en panne. 
Il trouvait toujours quelque chose à réparer, tout en prenant bien soin
De laisser un autre truc à faire, histoire de revenir le lendemain et
Nous mettre dans un rapport de dépendance à lui. Malgrécela, nous
Le gardions, car nous en avions besoin en permanence au château.
Certes, il n’était pas très honnête, nous en étions conscients, et lui,
Se sentait gonflé à bloc de se savoir irremplaçable, car toujours
Disponible au moindre appel de notre part. Un jour, nous changeâmes
Le brûleur de la chaudière, alors ses visites se raréfièrent…"

Il y avait, sur la table ronde de son balcon rectangle, cinq livres.
Le premier, venait de sortir en librairie, d’ailleurs, d’où voulez-vous qu’ils
Sortent les livres, des librairies bien sûr, qui, elles, se fournissent chez des
Éditeurs, qui eux décident  de ce que les libraires vont vendre, sans compter
L’aide des critiques… Tous des vendus, disait-il, rien que ça partout, mais
Calmons le jeu, cessons ces jérémiades. Il s’agissait donc d’un livre dont
Un gars à la radio avait fait état à cinq heuresdu matin, c'était un peu
Tôt pour commencer à penser, mais enfin que voulez-vous ? Lui, se  levait
À ces heures-là pour prendre son petit-déjeuner et ses comprimés qui
Allaient lui permettre d’attendre ceux de midi, puis ceux du soir. Enfait,
Trois prises à avaler par jour avec de l’eau Vichy Saint-Yorreou Célestins,
Qu'il achetait soit à l'Intermarché du coin, soit chez Champion, celui près
De chez sa mère, à qui il rendait visite régulièrement.

Il se plaignait parfois de voir le temps lui filer entre les doigts. Il allait
Souvent faire un p'tit tour à Paris, visiter un musée, se promener, prendre
Des photos sur les quais de la Seine, voir les gens alanguis, étalés sur la
Plage du maire de la ville, des gens qui n’ont pas une terrasse chez eux,
Comme lui en avait une… Pour ce qui était de se lancer dans lalecture de
Proust, par exemple, je ne vous dis pas les difficultés qu'il rencontrait.
Subsistait en lui des restes d'un temps où le livre n'était fait que pour les
Bourgeois, pas pour les autres… Pourtant, au métro Saint-Paul,dans les
Années soixante, il fréquentait régulièrement, rue de Rivoli, une librairie
Très achalandée en livres de poche, objet symbole d'unecertaine forme de
Démocratie. Puis, toujours dans la même rue, et histoirede trouver
Quelques lectures excitantes, il passait souvent à la bibliothèque du
Quatrième arrondissement, où il avait pris un abonnement gratuit.

Souvent l’été, il abusait de sa terrasse jusqu’àtard dans la nuit. Il allumait
Une bougie éclairant la table en métal laqué blanc et le cahier sur lequel
Il griffonnait sa pensée, celle qui lui venait à l’esprit sans autre forme de
Machin chose, "machin chose" jouant là le rôle de Joker,lorsqu’il ne
Trouvait pas le bon mot. Il aimait travailler sur cette terrasse, en fait,
Un vulgaire balcon qu'il était arrivé à faire carreler par des maçons
Portugais sympas et donnant surtout sur des arbres, avec vue sur le
Parc de Sceaux et son château. Pas de vis à vis donc, sauf sur les côtés,
Quelques immeubles au loin subsistaient et le gênaient un peu…
Il passait son temps à boire du thé, matière première choisie et achetée
Parfois au BHV de Vélizy, où ils ont maintenant un rayon de produits
Alimentaires de luxe et comme il était snob, il achetait ce délice d’
Assam de première, par exemple, dont la couleur était mielleuse,
Transparente à souhait, grâce à l’eau filtrée Brita, que tout le monde
Connaît et utilise aujourd'hui, lorsqu'on a un minimum de savoir-vivre.

Ce soir-là, le ciel était bleu ciel comme celui de sa cuisine qu’il venait
De refaire par des peintres portugais sympas. Bleu, mais, pas tout bleu.
À l'origine, les murs étaient blancs. L’ancien carrelage avait une couleur
Qu’il supportait difficilement depuis son arrivée dans cet appartement de Rêve.
Vert caca/pourri/dégueulasse, c’est ainsi qu’il la définissait,
Jusqu’au jour où il n’en put plus et la remplaça par une palette de bleu,
De rouge et de jaune citron. Alors, il se trouva dans un milieu idéal pour
Faire mijoter ses légumes de végétarien qu'il aurait bien voulu devenir,
Et atteindre ainsi le nirvana… Mais, le bleu du ciel se vit traverserpar
Deux traces blanches dues au passage au dessus de son balcon, de deux
Avions crachant le kérosène qui pollue tant la couche d’ozone. 

8) " La maladie d’Alzheimer est détestable. Il faut tout fairepour la traiter
Mais, n’a-t-elle pas une fonction particulière dans la mesure oùelle arrive
À un certain moment  de l’existence et qu’au fond, nous pourrions
L’interpréter comme un moyen de défense contre les méfaits occasionnés
Par trop de mémoire ? Ceux qui ont connu cette terrible maladie de près
Vont me rirent au nez et ils auront raison. Alors, pourquoi cette question
Aujourd’hui ? Peut-on concevoir, la maladie d’Alzheimer comme un
Système allant contre une mémoire qui ferait trop, tropmal ?

Je me souviens. C’était devant le comptoir d’une clinique privée dans une
Maison de retraite. Mon ex-épouse et moi-même y sommes allés pour
Obtenir quelques informations dans le cas éventuel où mes beaux-parents
Se décideraient à venir s’installer dans notre région, se rapprochant
Ainsi de leurs enfants. Au comptoir, donc, une dame âgéem’interpelle,
Me dit que j’aurai dû garer ma voiture dans le parking intérieur afin
D'éviter d’avoir à sortir dans la soirée pour laranger au sous-sol.
Je suis surpris, mais reste calme tout en ne comprenant pas ce qui m’arrive.
Une infirmière s’approche de cette patiente, lui adresse quelques mots puis,
Elles  disparaissent toutes les deux. Quelques instants après, l’infirmière
Revient et nous dit que cette personne souffrait de cette maladie et qu’elle
M’avait pris pour son mari, décédé il y a dix ans. Pendant un instant, elle
N’était plus veuve, mais une femme avec son mari. Avec moi, cequ'elle a
Vécu était une sorte de rêve, pas un cauchemar, un rêve. "

9) " On jouait ... Elle en est morte.
Il est deux heures du matin, il a bu, il la regarde bizarrement.
Tout lui paraît clair maintenant, cette femme n'est pas sa propre femme,
Mais celle d'un autre homme. La tête lui tourne, l'alcool aidant,
Il a l'impression que s'il était le mari de cette femme, maintenant,
Maintenant, il la corrigerait. Et dans l'esprit de l'homme qui a bu
Une terrifiante culpabilité s'est installée, cette femme trompe cet homme
Avec lui et le rend coupable vis-à-vis du mari, qui est aussi un ami.
Elle mérite donc des coups, car elle est doublement coupable.
Coupable de tromper son mari et ses enfants, coupable de le salir, lui.
Et puis, et puis  n'est-elle pas responsable de l'avoir détournéde son
Droit chemin, celui de rester près de sa propre épouse et ses propres
Enfants ? Alors comme beaucoup d'autres hommes, il la frappe,
Mais là, pas de chance, elle ne se relèvera jamais. "
 
Laissons de côté ses "p’tits papiers anciens" et reprenons
Le cours normal de l’inventaire de sa bibliothèque.

Dostoïevsky. - Le rêve d'un homme ridicule et autres nouvelles.

La lecture de ce livre je l'ai faite, il y a plusieurs décennies.
Il est question d'un rêve qui sauve un homme du suicide qu'il
Avait l'intention de commettre dans un train, un révolver àla main.
Seulement, il se met à dormir et à rêver, c'est ce rêve qui le sauve.
Depuis, je crois en la psychanalyse …

J. P. Donleavy. - La dame qui aimait les toilettes propres.

Cher ami,
La première fois, Botéro, je l’ai vu dans cette foire d'empoigne de  la
FIAC. Je  t'avertis, il y a beaucoup de choses à voir, t'as intérêt à mettre
Tes basquets, les jaunes seront idéales pour l'endroit, ne mets pas ta
Culotte rouge, on ne sait jamais, tu risques de rencontrer quelqu'un,
Il y a tellement de monde là dedans … Surtout des artistes. C'est fou ce
Qu'il peut y en avoir. Ça pullule de toute part…  Donc, je me suis trouvé
Comme un con devant, pour la première fois, devant les oeuvresde Botero.
Je te le dis d'avance si tu y vas aussi, connaissant un peu ta sensibilité
Naturelle, tu ne resteras pas indifférent, ça te fera tout de suite quelque
Chose de fort dans ton moi intérieur inconscient. Quoi ? Ben, franchement,
Je ne sais pas, c'est selon comment tu es dans ta tête àce moment-là,
De ce que tu vis sur le plan personnel, avec qui tu fricotes, dans quelle
Galère tu te trouves ce jour-là ... mais saches tout desuite, Botero,
C'est très sensuel.