à ma chérie, à ma Nothomb,
Ma petite Amélie chérie, je l'ai rencontré, un jour,
Elle sortait du cinéma MK2 les halles, et moi j'y entrai
J'ai déjà raconté cette rencontre loupée quelque part ailleurs...
Alors, à quoi ça sert de ressasser toujours les mêmes choses
Qui font mal : c'est triste de savoir
Que nous ne vieillirons pas ensemble.
C'est comme une histoire, qui n'a pas su s'écrire,
Dommage, toi et moi, nous aurions pu faire
Un sacré couple.

Mon Amélie chérie, vous savez, la fille, que j'ai croisé devant le cinéma,
Aux Halles, elle y entrait, moi j'en sortais...C'est une écrivaine,
Même que le journal ELLE l'a récupérée pour occuper ses lectrices
Dans un mini texte : « sans nom » était le titre,
C'est étrange qu'elle ait accepté ce contrat avec ce journal.
Quelquefois, je me dis qu'elle est incohérente, mais, fait-elle ce qu'elle veut?
Sa maison d'édition a l'air de bien maîtriser son affaire :
De Nothomb, n'en a-t-elle pas fait un nom ?
A y réfléchir de plus près,
Vivre avec elle, au quotidien, je me demande si
C'est une si bonne idée...
... Je pense qui oui, c'est une bonne idée.
Avec elle, ce serait encore possible,
Car je sais qu'elle est indépendante,
Qu'elle le sera avec moi et ça pour moi
C'est rédhibitoire.
Nous aurons un grand espace pour vivre
Ensemble, genre deux appartements, un
Pour chacun, plus, peut-être, pourquoi pas,
Une salle commune entre, pour les moments
Où on accepteraient, oh ma douce Amélie,
De partager quelque chose, de nous voir.

Je reconnais qu'il s'agit là d'une façon de vivre
A deux un peu particulière, mais,  enfin,
C'est notre manière de nous aimer,
Enfin, c’est mon point de vue.

Je ne me mêlerai pas trop de ses affaires,
Chacun devant s'occuper des siennes, sans s'interférer
Trop dans la vie de l'autre, mais, enfin, si
Je peux dire quelque chose, je dirai qu'Albin
Michel, il exagère un peu de ne l'autoriser à
Pondre qu'un seul livre par an, c'est frustrant.
Ma mère, elle attend toujours le suivant, et
Des fois, je ne sais pas quoi lui donner à lire en
Attendant. Sinon, j'espère qu'elle aime aussi
Les restaurants, bien qu'elle ait entretenu toute
Une saga sur la nourriture, c'est probablement
Un coup médiatique de son éditeur, mais enfin,
Ne faisons pas une fixation sur ce sale bonhomme.

Elle me dit que je ne l'aime pas car il ne veut pas
Publier mes frasques. Mes frasques, qu'elle appelle ça,
Elle ne manque pas d'air, elle,
Pour qui elle se prend ?

Avec elle, je ne serai pas jaloux, elle pourra voir
Tous les gens qu'elle jugera utiles pour sa carrière,
Ou sa vie privée, à la seule condition
Que cela ne dérange pas trop notre quotidien.
Les week-ends, nous serons libres de voir qui on voudra
Quand on voudra, par contre, la semaine,
On s'arrangera de ne faire venir personne à la maison.
Pour le courrier, j'ai une préférence : avoir ma
Propre boîte aux lettres, bien que si elle était commune
Nous aurions moins de publicité...

Nous éviterons de partir ensemble en vacances
Je ne supporte pas la promiscuité entre deux personnes.
Par contre nous passerons beaucoup de temps
A parler pour ne rien dire, pendant des heures,
Autour d'un verre ou une tasse de  thé,
J'adore ça.

Le premier souvenir que j’ai d'elle, c'est dans mon lit
Qu’il se tient…
Je vais essayer de vous expliquer très simplement,
Puisqu'on est entre nous.

J'étais très malade, très souvent au lit et je ne sais
Comment j'étais tombé sur ce livre d’elle. Était-ce
L'influence d'une émission de télé, La Nothomb, que
Je l'appelerai un peu plus tard, à tous mes amis
Je disais ma découverte. À l'époque, elle n'était pas aussi
Connue que maintenant,
Eux, disaient, ce n'est pas grave, il radote le pauvre...
J’aimais,
Je trouvais la construction de chacune de ses phrases,
De ses mots élaborés comme des notes de musiques à prendre
En pleine figure… Je ne sais si l'image que je donne ici est
Représentative de mon désir de vous transmettre l'émotion que je vivais,
Bien avant que je l'aie rencontré, devant ce fameux cinéma des Halles.

Pour ce qui concerne les questions d'argent,
Nous garderons, comme maintenant, nos comptes
Bancaires séparés, je ne veux pas qu'un jour, elle
Dise que c'est pour sa richesse que je me suis
Approché d'elle, je ne le supporterai pas,
Ce serait stupéfiant et j'en tremble d'avance...
A l'idée qu'elle puisse penser une telle chose.

Une autre question me tracasse beaucoup ces jours-ci,
J'ai peur qu'elle veuille me demander
En mariage, ne serait-ce que pour des questions
Fiscales. Je trouverai cela mesquin, petit de sa
Part. Elle me dirait que c'est une idée d'Albin,
Le vilain, celui-là si je le tiens...

Dans mon souvenir, elle s’appelait Claire.
Sa poitrine lui tombait aux genoux et
L’écorce de sa peau avait tout pour rebuter
Toute personne normalement constituée
Sauf son amie Amélie Nothomb, pour qui aujourd’hui
Est un grand jour, c’est le premier de la vente de
Son nouveau bouquin : « Biographie de la faim »
De chez Albin Michel, comme ils disent à la télé.
Pour mettre du beurre dans les épinards…
Dans sa biographie, je ne sais s’il est question
De ce légume, mais je vais vous en donner
Quelques lignes, histoire de vous faire saliver un peu…
« - Il est un archipel océanien qui s’appelle Vanuatu,
anciennement Nouvelles-Hébrides, et qui n’a jamais
connue la faim… On y mange par complaisance…
- Quand je me plaignais de l’interdit du sucré, ma
mère me disait : « ça te passera .» Erreur. Ça ne m’a pas passé…
« Trop sucré » : l’expression me paraît aussi absurde
que « trop beau » ou «  trop amoureux »…
- Ma mère décida très vite que j’étais mon père. Là où il y avait
Une ressemblance, elle vit une identité. Quand j’avais trois ans, j’accueillais les hordes d’invités de mes parents en leur affirmant d’un ton las : « Moi, c’est Patrick .» Les gens étaient stupéfaits…
- J'étais extraordinairement mal fichue. Des photos de plage en témoignent : une énorme tête
posée sur des épaules débiles, des bras trop longs, un tronc trop grand, des jambes minuscules,
malingres et cagneuses, la poitrine creuse, le ventre gonflé et projeté en avant par une scoliose
dramatique, la disproportion régnant en maîtresse - j'avais l'air d'une anormale...
Pour la suite, voir la Fnac ou votre libraire,
Sinon je risque d'avoir des problèmes avec Michel.

Cher Claude,
Je sais qu’il n’y a aucune chance que tu lises
Cette lettre, c’est pourquoi je te l’écris.
Je sais que maintenant, tu es plus ou moins marié
À une femme généreuse : elle t’a déjà donné trois enfants.
Je suis sûr, tu dois être un mari parfait, je me souviens
Combien tu l’as été dans le cadre de notre amitié.
Le temps a passé, en ce qui nous concerne, je veux parler
De notre relation, le temps a passé comme un rouleau compresseur.
Que reste-il de nous, pas même un gosse, je blague, je sais,
Il faut être deux pour cela, je veux dire deux de sexes différents.
Je dis n’importe quoi ce soir, ce doit être la mauvaise
Influence d’Amélie, c’est toujours comme ça avec elle.
J’ai l’intention de la garder encore quelques temps, mais,
À la première occasion…
En plus, elle  ne veut pas entendre parler d’avoir,
Comme vous deux, un ou deux enfants, j’en demande pas trois,
Vu le salaire qu’elle a, nous aurions des problèmes
D’impôts, ils se douteraient de quelque chose dans le genre
ISF, tu vois où nous en sommes arrivé en France. As-tu l’intention
De quitter bientôt le pays pour aller voir ailleurs ?

A un certain moment, elle m’a dit : et si nous allions nous
Installer au large des iles Fauts, nous pourrions y travailler
Tranquillement. Avec Internet, nous n’aurons pas de problème de
Communication, on pourrait si tu veux, m’a-t-elle dit, on pourrait
Adopter des gosses autant que tu voudras,
Parce que là-bas c’est très bien vu.

Je n’étais pas d’accord. Tu sais, j’ai ma mère, il n’est pas
Question de la laisser tomber : plutôt mourir.
Je pense être un bon fils et je tiens à préserver cette image de moi
Pour le reste de mes jours et aussi comme exemple pour tous ces
Jeunes qui aujourd’hui n’ont pas les repères très fixes comme nous.
Nous avons de la chance en fait, car sans cela,  je ne sais où
Nous en serions aujourd’hui.

Le soleil m’aime, d’ailleurs il éclaire ma lucarne,
Celle se trouvant au dessus du lit pliant à ce jour
Jeté à la poubelle, ce fut toute une galère, car
Amélie voulait le garder en souvenir de nos premiers ébats,
Tu parles, la pauvre si elle avait su tout de notre amour,
( Toi et moi, Géraldi, t’en souviens-tu )
Je ne suis pas sûr qu’elle puisse encore imaginer rester
Un jour de plus dans cette maison avec moi.
Nous mangeons normalement
Contrairement aux rumeurs concernant sa faim.
Tu parles, c’est un coup des médiats associé à celui de
Son sponsor dont j’ai déjà pas mal écorché ici l’image.
Mais, enfin, que veux-tu, il faut bien faire tourner la
Tambouille et donc accepter les concessions qui s’imposent à
Nous, d’ailleurs, elle et moi, on s’entend assez bien
Dans le fond, nous avons même été voir une fille que tu dois
Connaître, elle travaille maintenant chez Leclerc, celui qui
S’est converti justement sur les concessions mortuaires,
Et nous avons pris position pour l'avenir …

Parfois, nous dînons entre amis au Flore,à Saint-Germain des Près.
Parfois, histoire de changer nous allons aux Deux magots, rarement
Ailleurs, nous restons snobs pour le métier c’est préférable.
Nous achetons toujours les bouquins à la hune, c’est une bibliothèque
Sympa, malgré le SDF qui se trouve à la porte,
Qui depuis quelque temps ne me dit pas bonjour, pourtant,
Je suis toujours le même, tu me connais…Je n’ose pas
Lui donner la pièce, j’ai peur qu’il l’interprète comme une volonté
Cachée de notre part de le mettre dans une situation inférieure
A la nôtre, ce qui serait ridicule lorsqu’on sait tout le mal qu’on
A à joindre les deux bouts à la fin du mois à cause de ses impôts.

Pour la promotion de son œuvre, nous avons quelques obligations,
Des choses mondaines avec des gens débiles, mais que veux-tu
Dans le fond tout ça m’est égal, ce qui importe c’est qu’elle
Soit heureuse avec moi, j’essaie le plus que je peux,
J’espère ne pas la voir malheureuse un jour, on ne sait jamais,
Un rien peut tout emporter et on se retrouverait comme des cons
À avoir à revivre cette putain de solitude que personne n’aime.

Parfois, nous dînons entre amis et
Nous rencontrons souvent un ami à Witold en ces lieux de l’écrit,
Où il venait travailler un peu et draguer pas mal
Les minette de cet îlot, qui à l’époque avait un charme que maintenant
Tu ne l’as plus. Mais trêve de pessimisme avéré, Julien
Nous a fait quelques confidences au sujet de Gombrowicz
Que malheureusement nous avons promis de garder pour nous.
C’est dommage car cela t’aurai beaucoup plu, mais enfin, soyons
Responsable de nos promesses et de nos actes.
Avec lui, nous parlons généralement de tout et de rien,
Il travaille au ministère des Finances et on se dit
Qu’il pourrait nous rendre quelques services dans le cas
Où ils envisageraient de nous faire subir quelques sévices…
Tu vois, ça va pas très bien, quelquefois, nous deux,
On devient de plus en plus paranos.
C’est pourquoi, mon Amélie chérie me dit souvent,
Dans la vie, faut pas s’en faire, faut profiter au max.
Elle est vraiment formidable, mon Amélie. Après réflexion,
Je la garde.

Amélie ne lit pas la bible. Pourtant,
Elle se lève tôt le matin. À deux trois heures, je l’entends,
Elle tire la chasse d’eau, c’est une règle chez nous,
Même en pleine nuit, le coup d’avoir peur de réveiller
Les voisins, ça on s’en branle, c’est convenu, elle et moi,
Sur ce coup, nous sommes d’accord, on tire.
Des fois, elle vient dans ma chambre, pas celle
Où elle a passé sa nuit, comme c’est le cas dans les couples
Normaux, non, nous faisons chambre à part.
Elle vient donc dans mon home personnel, intime,
Pour me faire des grimaces, des guili-guili,
Me faire peur, j’adore ça, surtout quand je dors.
Ensuite, elle part direct dans la cuisine se préparer un
Litre de thé, du Yunnan, le même que le mien, elle l’appelle
Le Yunnan de Kobe, parce qu’elle se souvient du temps où
Elle le buvait avec sa sœur Juliette, du temps de sa jeunesse.

Elle boit toujours, à cette heure-là son thé toute seule.
Comprenez-moi, ce n’est pas de ma part de l’indifférence,
Mais, c’est le seul moment où je suis sûr d’être tranquille, car,
Je sais qu’elle va plonger dans son Mont Blanc. Elle a
Toujours aimé éperdument ce lait sucré coulant le long de
Ses tuyaux internes. Un poème, mon Amélie, je vous dis pas.

C’est donc entre trois et six heures du matin qu’elle écrit
Les textes, qui plus tard seront les livres édités par Albin.
Certains pensent probablement que pour elle c’est facile,
Et bien, ils n’ont pas tort, elle écrit comme elle parle à la télé,
C’est naturel et toujours beau, pas un seul mot, pas une
Seule phrase ne disconvient à cette évidence, à mon admiration
Toute et entière à son égard, d’autant qu’avec elle,
Je n’ai plus besoin de travailler depuis notre installation commune…
Tout de même, je dois reconnaître le bon côté des choses.

Moi, je me lève vers six-sept heures du matin, je précise,
N'étant plus comme avant à me prélasser dans mon lit toute la journée.
Je me prépare mon thé, après avoir tiré la chasse d’eau.
Nous utilisons la même chasse, mais, aussi la même théière.
Un litre, faut bien ça pour se réveiller, parfois, elle m’en prend
Une tasse, je ne dis rien, car elle est si parfaite mon Amélie :
Elle en refait toute la journée, du Yunnan de Kobe.

Notre maison à nous, ce n’est pas comme la maison des autres.
Nous l’avons conçue en fonction de notre façon d’exister, de notre
Philosophie de la vie, de nos tares aussi. Nous avons fait
L’économie des honoraires d’un architecte, préférant
Ne pas avoir une tierce personne dans nos histoires personnelle,
Cela relevant de notre intimité à elle et à moi.

Oui, cela peut paraître bizarre pour quelqu’un de normal
De voir un appartement comme le nôtre. Nous sommes
En effet, deux personnes sans enfants, vivant dans
Deux logements identiques et contigus, reliés par une porte,
Ouverte ou fermée selon l’humeur et la volonté de chacun.
Nous sommes deux isolés vivant ensemble.
C’est assez génial !

C'est notre univers, notre île déserte à nous,
On n'y reçoit jamais personne, sauf parfois...
...Sa sœur Juliette. Qu'elles s’entendent si bien, moi,
Quand elle vient, je les laisse faire, je fais autrement, je reste
Devant mon mac et  la télé. Bref,
Si on regarde de près, on ne nous dérange pas trop souvent.

Pour ce qui est des gens ayant un rapport à son travail,
"Si on peut parler de travail", a-t-on souvent entendu de-ci de-là,
Les mauvaises langues, les gens sont si méchant si vous saviez !
Ça la fâche. Comment ne pas être fâchée ? Il est vrai, elle a du
Tempérament, mais elle n’en n’est pas moins un être humain.
Les gens pour son travail, elle les voit en dehors de chez nous.
Pas à la maison. Les gens sont ce qu’ils sont, on connaît la musique,
Toujours prêts à regarder à droite, à gauche pour faire des remarques,
Et ça les remarques des autres, elle ne les supporte plus maintenant.

Moi non plus, mais moi, je n’ai jamais aimé ça.
Avec le temps, les autres, à part elle, me sont indifférents,
La seule chose qui compte pour moi, c’est elle,
La cause est encore flou dans mon esprit, va falloir aller voir mon psy.
Parfois, elle me dit que nous sommes comme Freud et sa fille.
Je ne sais pas pourquoi je lui fais penser à cet homme, ce n’est
Tout de même pas la différence d’âge qu’il y a entre nous,
Vingt ans, qu’est-ce que vingt ans ?
« L’essentiel n’est-il pas de s’aimer ? » lui ai-je dit plusieurs fois,
En rajoutant comme dans les romans : mon amour,
Mon amour pour toujours.

Je dois vous faire une confidence, elle n’est pas très sensible
À ce genre de discours, elle préfère le chocolat ou les sucres
D’orge à sucer jusqu’au bout, pendant des heures, à ne faire
Que ça, la tête plongée dans ses livres, ou ceux de sa bibliothèque.
Elle dit que le romantisme est une maladie grave, que seule
La réalité des comptes bancaires a du sens dans la vie,
Le reste n’est que littérature. De sa part, une telle remarque
A de quoi surprendre. Certains pourraient même prendre cela
Pour de la provocation, mais moi, je ne dis rien à personne,
Ça reste entre nous. Elle me traite parfois de tordu quand
Je ne suis pas d’accord avec elle.
Acheter un château ne serait pas pour lui déplaire, mais je préfère,
Egoïste que je suis, rester ici, chez nous, tranquille,
La vie de château j’ai donné, merci.

Je ne veux pas que notre appartement soit
Sand dessus dessous,  c’est pourquoi elle aimerait bien
Que l’on prenne une femme de ménage. Seulement,
Avoir une autre personne ici, je n’aurai plus l’impression
D’être chez moi, chez nous, chez elle, j’aurai l’impression
Comme disait un auteur des années soixante, j’aurai l’impression de
Vivre chez notre femme de ménage. C’est pas idéal comme situation.
Surtout que nous ne sommes pas le genre couple lambda.
Je ne fais pas une fixation là dessus, n’allez pas croire que j’entretiens
Un quelconque complexe sur la différence qu’il peut y avoir entre
Vous et nous. Les gens font comme ils veulent, les hommes, les femmes,
Les enfants, les chats, les chiens…bref, chacun fait comme il veut,
En plus, si j’en parlai , elle dirait que c’est encore
De la mauvaise littérature. Elle est intransigeante là-dessus.

Cela va vous surprendre, mais cela est vrai.
Un jour, c’était un début d’après-midi après le déjeuner,
Je l’ai vue, de mes propres yeux, je l’ai vue mettre du thé dans l’encrier.
Je n’ai rien dit, tant qu’elle ne mettra pas de l’encre dans le thé,
Le reste, que voulez-vous, ce sont des choses qui peuvent arriver.

Le matin, donc, nous le consacrons toujours à l’écriture.
Pour elle comme pour moi c’est vital, c’est d’ailleurs cette
Particularité qui fait notre charme, qui fait que nous vivons
Sous le même toit. Une bénédiction, comme dit souvent
Sa sœur Juliette, que j’imagine bien jeune première dans le prochain
Film de Michel Houellebecq, mais, je ne sais quels sont les goûts
De ce charmant confrère. Va falloir investiguer...